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Les fêtes à Bayonne

Samedi 30 juillet 2005

Cet article ne sera peut-être pas censuré par la DST, ni les soviets, ou par la mafia, ou un clan japonais, ou un cartel colombien, ou la milice allemande ou A.Q. (ça fait sérieux !). Je vais donc tenter l'impossible et vous exposer les fêtes prochaines de Bayonne. Vaste entreprise, lourde responsabilité que d'exprimer l'indicible, décrire le chaos, expliquer les odeurs et la cohue. Bref, elles commencent mercredi soir et finiront dimanche nuit. D'habitude, ça commence bien. Bon, on ne peut pas éviter les tarés qui revêtissent leur tenue dès le lundi, mais on zappe. Le mercredi, se rassemble le soir une impensable foule sur la place de la mairie. Le maire et ses sbires entonnent un (trop) long discours après que les bandas , les "grosses têtes", les sonneurs basques ont envahi la place de la mairie. Déjà, on respire mal, imaginez 50 ou 60000 personnes concentrées sur une place grande comme (je réfléchis) la place des Vosges, si on enlève le parc au milieu, c'est pour donner un ordre d'idée, de toute manière, ça déborde, ça se faufile avec des poussettes, pas une bagnole en vue, c'est tout rouge et blanc. Donc les maires finissent par énumérer la pléthore de personnalités venues ouvrir ces fêtes, des sportifs pour la plupart, rugbymen de surcroît ou champions de surf, autant dire que je les connais rarement. Puis la star du show vient jeter les clefs de la ville à la foule en liesse. Il s'agit en général d'une célébrité du show biz, la même qui fera un concert aux Arènes le jeudi soir. Cette année, ce sera De Palmas, en tout cas c'est lui qui passe aux Arènes. Tous et toutes sont venus : Goldman, Clerc, Bruel, Zazie, et j'en oublie forcément. Donc, une fois les clefs lancées, les pellerins prennent la ville d'assaut, les bars chics encore ouverts sont bondés de familles en quête d'exotisme, les petits vendeurs de foulards, bérets et trompètes et confétis et autres sont accaparés par les touristes imprévoyants qui n'auront plus grand-chose ensuite pour s'offrir l'inévitable piquette qui coule à flots.

 

 Pour dire : boire une orange pressée pendant les fêtes est possible la journée mais vous encourez la lapidation. Le soir, c'est tout bonnement impensable. Avis.

Les enfants ? Ils n'ont qu'à acheter leurs confétis et les balancer en retournant à la voiture, garée au mieux à un km du centre ville. J'exagère un peu mais c'est à peu près ça (pour les enfants s'entend. Pour la bagnole, je suis optimiste). Donc, feu d'artifice qui pète au dessus de l'Adour, faisant lui-même caisse de résonnance avec les quais , un pur délice. Les bandas défilent dans les rues, on commence à être bien éméché, on danse par terre, à voir absolument.

  

                                                                           

 Ceux qui se sont chauffés à blanc chez eux arrivent vers 1 h du mat, une impressionnante cohue déjà ivre envahit les rues du petit Bayonne, la valse des pompiers peut commencer. Mais allez faire passer un camion rue Pannecau lorsque 10000 personnes y sont déjà : un tour de magie ! Il faut alors s'applatir contre ce qu'on trouve en tentant de préserver le contenu de son verre : mission impossible. Puis, ils passent, certains leur font coucou, d'autres s'accrochent au camion ou grimpent carrément dessus en hurlant ; ce qu'ils ne savent pas c'est qu'ils seront probablement les prochains DEDANS. Et après leur passage, se produit un phénomène inexplicable : arrivée d'une nouvelle vague d'assoifés, départ des présents, bref, une grande marée humaine où il est impossible d'éviter de se faire renverser du liquide dessus : Jacqueline, rosé dégueulasse ou pipi nécessaire, on est bon.

Bon, j'ai à faire, vous aurez la suite plus tard.

Cyberbises. J.

Par juliette hache
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Dimanche 31 juillet 2005

Suite du récit des fêtes imminentes à Bayonne. Donc vous savez la cohue, l'ouverture, Château Margaux, passons à la suite. Supposons qu'on les fait tous les jours pendant les 5 jours. Donc lendemain tardif, réveil vers midi ou un peu avant si les enfants veulent réveiller le Roi Léon, à midi. Un foule plutôt familliale s'ammasse devant la mairie, de plus en plus dense, les poussettes s'accumulent, on attend les bandas et les grosses têtes. Les voilà ! Tout ce petit monde s'installe tranquillement devant le balcon orné d'un magnifique rideau bleu et jaune. Les enfants ont le regard avide des connaisseurs en chocolat devant la vitrine de chez Cazenave. La musique retentit, toutes la bandas jouent en même temps des airs différents, une véritable cacophonie estivale. Puis, une voix dans un micro demande de compter en même temps que les 12 coups de la cloche, et le décompte commence, les enfants crient plus fort puisqu'ils veulent montrer qu'ils savent compter. Au 12ème coup, le rideau s'écarte et apparaît alors le bon Roi Léon. "C'est Léon, le roi de Bayonne, c'est Léon, le roi des couillons". La foule se disperse, qui à la recherche d'un restau, qui pour rentrer home. L'après-midi du jeudi est réservée aux enfants, je dois avouer ne jamais y avoir mis les pieds, trop dur. Puis arrive le soir, les fêtards (festayres comme on doit dire en vrai) remplissent leurs bouteilles, dînent et boivent, pour arriver bien éméchés au "Petit", j'ai nommé le petit Bayonne, déjà plein à craquer, comme la veille. Le cirque recommence. Moi, je me pointe généralement vers minuit, je vais au lieu de rendez-vous retrouver les potes et ça repart. Vers 2h du mat, les petits comptoirs des rues ferment, il faut se replier sur les peñas, bondées. On va d'une peña à l'autre, mal aux jambes, sales mais ça fait style, le verre à la main, on tente de repérer ceux qui sont encore plus bourrés que nous, on se fait happer par un quidam pour un rock ; comme il est bourré, il ne veut plus nous lâcher la main, bref, les barrières tombent. Retour au lit vers 6h du mat pour les plus ringards, c'est à dire moi, après douche bienfaisante. Et rebelotte le lendemain vendredi, soirée des filles. Le soir le plus bondé des fêtes. Environ 250 000 personnes dans les rues, de la folie pure. Revenons au vendredi aprème : sur la place Montaut viennent danser au son des petites flûtes dont le nom m'échappe toutes les dames du Pays Basque, sans tralala, juste en rouge et blanc; elles dansent le fandango, une suite impossible de pas parfois tournants dont je n'ai pas encore saisi la logique. Les Basques vous diront "c'est facile !" T'as qu'à croire. Mais ne vous fiez pas à moi, j'ai la tête malade. Donc, le soir, on recommence, on traîne dans les rues jusqu'à plus soif. Ce qui est hyper agréable, c'est la gentillesse des gens : on en amène qui font du stop, hop, ils nous filent un bon petit coup à boire. On a perdu son pognon : hop, les copains nous rincent gratos. On a froid : un pull est déposé sur nos épaules fragiles. Etc.

                                                

Suite : le samedi des fêtes, plus tard.

Cyberbises. J.

Par juliette hache
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Mercredi 3 août 2005

Nous avions donc passé la journée du vendredi. Le soir corse un peu les choses : Bayonne est sécurisée pour les courses de vachettes.  Bon, je ne trouve pas la photo dans le merdier de CD, alors vous pourrez imaginer. Donc, accès protégés, marquage ... des touristes, foule intense. Impossible d'accéder au comptoir habituel sans risquer l'étouffement. Sur la place du Château Vieux, se presse une masse quasi humaine, une marée d'alcool et d'alcoolisés, des vachettes en furie, des mecs allumés qui courent devant et les énervent, et bien évidemment se font embrocher une fois sur trois, afin que les chirurgiens de garde ne s'ennuient pas. C'est du délire pur. Après, on va se rincer le gosier.

Le samedi est tardif, il n'y a plus qu'à se lever, boire un thé ou café au soleil de midi et partir continuer à dormir sur la plage. Aucune autre opportunité ce jour là, on est trop naze. Vers 13h 30, on se traîne à l'auto pour retrouver les copains au Petit et partager un "repas", fait de fausses frites et de sangria. Le tout sur de grandes tablées installées dans les rues, on s'apostrophe, on se voit enfin en plein jour, on se prouve qu'on tient TOUJOURS le coup. Le repas se termine vers 18 h, on se rentre et on se douche. Je ne crois pas avoir suffisamment insisté sur l'évidence de la douche, c'est fait. Dites-vous que dès qu'on dit maison, on dit douche. Pas de photo disponible.

Le soir, vers 22h, commence le Corso, un défilé de chars animés sur un thème différent chaque année, des monuments au cinéma en passant par les métiers                                  

 Chaque char, tiré par un tracteur, est précédé d'une banda, cacophonie assurée. Sur chaque char, des jeunes, déguisés, qui prennent grand soin à nous arroser copieusement, d'eau et de confétis. Le tout est de parvenir à les arroser à notre tour. Il y en a une dizaine, qui défilent à 2 à l'heure, font le tour du grand Bayonne (les rues du Petit sont trop étroites) et reviennent à leur point de départ boulevard Alsace-Lorraine.

Suite de la beuverie. On commence à se dire que ça sent la fin, certains pleurent même. Il faut dire qu'ils attendent ces fêtes toute l'année.

On sunday, c'est la grand messe, avec les bandas, les sonneurs, les chrétiens. Il vaut mieux se poster av Foch et les attendre, car après la messe, ils viennent rejoindre la place de la mairie pour saluer Léon et cloturer les fêtes. Donc moi, je vais là, je ne quitte pas mon bout de trottoir pour un empire car j'ADORE les sonneurs basques. C'est indescriptible. Puis on reconnait certains joueurs dans les bandas, puis on salue Léon, et on va se recoucher. Les fêtes sont cloturées mais la fête continue.

Dernier soir le dimanche, un petit tour de corso pour la route, feu d'artifice sur l'Adour, toujours aussi destructeur de tympans mais mieux vécu dans la brume de fatigue, les relents de C2H5OH, la tristesse avérée. On va se torcher une dernière fois, le coeur n'y est plus, ou il est trop lourd pour permettre la liesse des 5 derniers jours. On se sépare à l'aube, on reprend sa vie d'avant, plus tout à fait comme avant, plein d'images défilent, on entend la musique non-stop, on est bien.

                                     

Y a plus qu'à faire la lessive.

Ah, oui, au fait, c'est Cabrel qui ouvre les fêtes cette année.

Allez, cyberbises. J.

Par juliette hache
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