Lundi 22 mai 2006

Eh oui, la Terre continue de tourner et moi je bouquine sec, c'est hormonal...

Là, je vais vous en poser au moins un, d'une petite série fort sympathique et très disparate. Si j'ai du courage, j'en mets plus...

Je vous l'avais dit, mon stock de bouquins n'étant pas extensible, je m'abîme dans Boulgakov, et c'est un luxe !

2 violents éternuements sont venus confirmer mon propos.

Alors Boulgakov était un fervent admirateur de Molière, et 300 ans après sa mort il prennait encore sa défense. Il faut dire qu'au XVIIè siècle, le climat était difficile pour un auteur de théâtre. En effet, le Roi était entouré d'une cour frivole et fort puissante, faite de nobles et d'évêques, qui voulait libertiner tranquillement tout en portant à leur zénith les valeurs religieuses. On était alors marqué par l'empreinte des guerres de religion... Donc les grands auteurs avaient un choix réduit : soit ils se pliaient aux volontés de cette cour dévôte, comme Corneille par exemple, soit ils tentaient leur chance, Molière en fut, et écrivaient Tartuffe. Total, la représentation ne passait pas. Chacun y voyait une parodie de son propre personnage et s'insurgeait auprès des plus puissants, voire du roi en personne. C'est ce que raconte cette pièce. Outre le fait que l'intrigue (non, pas celle du Da Vinci Code !) révèle qu'Armande Béjart était la fille de Madeleine, donc on taxait Molière d'incestueux, en plus du problème du Tartuffe. C'en était trop pour le roi.

La pièce n'est pas mettable en scène, comme je vous l'avais dit pour l'ensemble du théâtre de Boulgakov, donc vous ne la verrez jamais, sauf à la dénaturer complètement ou avoir d'ENORMES moyens, genre super-production holywoodienne, ce qui est loin d'exister. Donc il faut lire.

J'adore la maîtrise des sentiments et des coups de théâtre de Boulgakov, c'est un régal !

A lire donc.

Allez, un second petit bouquin histoire que vous ne soyez pas venus pour rien. Je vous demanderai votre clémence concernant la photo, elle est floue malgré l'attention que j'ai portée à sa prise, je dois avoir de la m... dans les doigts ce matin.

C'est chez Stock, c'est GEANT. Kerouac narre son adolescence avec la virtuosité qu'on lui connait. Il est pétri d'un simplicité et d'une humilité rares dans le milieu littéraire. Il semble que les tournures linguistiques et les figures stylistiques coulent de source, il est facile et agréable, il est fort !

C'est donc l'histoire d'un jeune homme de 16 ans très sportif (course à pied, base ball, foot) qui en parallèle découvre l'amour platonique avec une idiote nommée Maggie Cassidy. Il est aveuglé par les minauderies de la fille qui le fait littéralement tourner en bourrique. Il ne voit rien. Il continue son sport toujours en pensant la conquérir ainsi, tandis qu'elle ne pense qu'au qu'en-dira-t-on. Et on a envie de lui crier de laisser tomber à ce garçon ! Il est attachant, malgré son aveuglement.

C'est bien traduit, on sent le fameux Sur la route en filigrane, prêt à venir nous faire voyager avec lui.

A lire bien sûr !

Allez, cyberbises. J.


Par juliette hache - Publié dans : actu bouquins
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